…et aphorismes de la lumiere

1-

Sortir. L’extérieur. Dehors. On n’arrive à rien, enfermé. On reste en quête de désires et d’idées qui jamais ne peuvent arriver. Enfermé, rien n’arrive. Être solitaire n’est pas une panacée, une fois à l’extérieur, c’est quelque chose qui s’apprend. Être solitaire parmi les autres, c’est un art qui se travaille. Car, en fin de compte, on n’est que très rarement seul dans un pays bondé aux quatre coins. Si l’envie de solitude se révèle souvent être un autre visage de la conquête, l’envahissement d’un monde imaginé plutôt que vécu, oui, une conquête dans le sens négatif du terme, chargé de son histoire peu glorieuse jusqu’à l’éco-tourisme, alors cette solitude-là est caduque. Pour n’être pas ce conquérant-là, il faut encore apprendre la solitude parmi les autres. Pas une solitude parmi les autres qui se révélerait être une autre forme de conquête comme la flânerie et le voyeurisme, mais une solitude parmi les autres qui nous en libère tout en leur faisant don de liberté par notre capacité à ne pas les conquérir. C’est ça, l’art de la solitude.

2-

Vivre en s’efforçant d’oublier. Vivre en se refusant. Il n’est pas toujours sûr que, lors de promenades matinales, une soudaine envie, une envie incontrôlable, ne s’empare de nous. Dans ces fragiles instants, il est difficile de mettre le doigt sur nos impressions et encore plus difficile de mettre le doigt sur nos ressentiments. Pourtant, souvent, cette envie est plus forte que nous, des pulsions, oui, mais aussi des références, des concepts, des idées, parfois d’auteurs, commencent à faire leur apparition dans nos esprits, lors de promenades matinales. Nous changeons de point de vue. Nous pensons à autre chose parce que nous sommes autres. Interpréter ce que nous ressentons peut attendre que nous rentrions chez nous et que nous déposions sur papier leur logique, ou plutôt que nous cherchions à en tirer du sens. Et pourtant, ces ressentiments reviennent au galop, il faut oublier les références, concepts, idées, parfois d’auteurs, pour nous les approprier, pour qu’ils soient nôtres, transformés. Nous avons beau essayer d’isoler références, concepts, idées de nos propres ressentiments, nous en avons pourtant besoin. Ces épisodes schizophréniques sont rarement productifs et cependant, à ces instants précis, toutes références, concepts, idées deviennent nôtres par le biais de notre propre expérience de ces ressentiments. Sans passer par le corps, par nos corps, toutes références, concepts, idées ne sont que des signifiants : ils ne deviennent signes (ou symboles, soit une représentation du monde) qu’en tant qu’ils sont assignés à notre corps. Le signe et la représentation ont besoin de l’humain pour exister, mais nous pouvons nous en passer si nous défions l’interdiction à la schizophrénie.

3-

C’est à nous de créer notre propre raison d’être : « Chaque individu doit organiser son chaos intérieur en réfléchissant à ses véritables besoins » (Nietzsche).

4-

Résignation : Il est nécessaire de prendre de la distance pour ne point se résigner. On n’abandonne guère son effort quand on court dans des plaines désertiques, c’est une question de survie.

5-

Penser seul : L’océan des possibilités n’est jamais aussi grand que lorsqu’on pense seul. Penser avec les autres rabougrit toutes les possibilités en un but et en un sens communs.

6-

Discipline de soi : Une satisfaction que les autres nous envie car ils pensent alors faire l’expérience de notre douleur par procuration.

7-

Pour mieux penser, il faut penser peu : Trop de stimulations externes nous forcent au renoncement. Nous devenons alors l’objet par lequel le monde s’impose à nous comme une sublime euphorie.

8-

Volonté : Ne pas vouloir à tout prix s’aimer soi-même afin d’être aimé des autres (le châtiment ascétique du christianisme romantique). Notre volonté est tout ce que nous ayons et qui ne puisse être déterminée par aucune expérience, aucune réflexion, aucun apprentissage. Elle est notre force motrice.

9-

Est-il possible de vivre une vie vertueuse (c’est-à-dire dont la fin est le bonheur) tout en vivant seul ? Si un échec peut être vécu comme la mesure de la perte de nos vertus, il ne faut pas oublier qu’une vie vertueuse se construit dans la durée, dans la reconquête de nos vertus. Agir, c’est tendre à les gagner.

Un échec n’est souvent rien d’autre que l’attribution qui nous est faite de quelque chose que nous ne méritons pas parce que nous ne sommes pas à la hauteur des devoirs qui y sont associés. Ceci peut être une erreur quand au but initial, il est alors nécessaire de réévaluer les fins de nos actions. Bien sûr, nous pouvons y perdre la face, mais une vie vertueuse est une vie qui se construit et non pas une vie qui aboutie. Nous nous devons de porter nos infortunes avec noblesse.

10-

Quelle valeur donner aux opinions de nos pères et à celles de nos pairs sur nous-mêmes alors que celles-ci sont bien souvent contradictoires ? Les premiers ne sont pas en mesure de juger nos capacités et les seconds ne sont pas en mesure de juger nos qualités. Nous nous devons de résister à ces opinions, qu’elles soient louanges ou critiques.

11-

Résister à un monde qui nous force à être connectés. Mais pour utiliser les mots de Hume, résister à l’illusion d’être connecter alors que nous ne sommes que conjoints. La connexion est une illusion.

12-

Il est permis de douter de tout parce que tout n’est pas réalité. Par conséquent, la question de la vérité est légitime. Pour accéder à la vérité, il faudrait :

1- Suivre la nature pour connaître les choses telles quelles sont. Mais que peut-on connaître qui n’ait recours à l’imagination, à la représentation et à l’unification du langage ? Autrement dit, tout ce que nous pouvons connaître de la soi-disant nature n’est-il pas toujours déjà produit dans l’interprétation issue d’un jugement sur le monde (jugement moral dans tous les cas puisqu’on s’en prétend séparer) ?

2- Se connaître soi-même tel qu’on est. Mais n’est-on jamais autre chose que ce qu’on veut bien paraître aux yeux des autres ? Autrement dit, tout ce que nous pouvons connaître de nous-mêmes n’est-il pas toujours déjà le produit de l’interprétation issue d’une conscience (conscience morale dans tous les cas puisqu’on s’en prétend maître).

S’il est donc permis de douter, n’est-il pas aussi permis de penser que nous vivons encore dans un monde où la croyance règne et où l’entreprise de désacralisation est encore légitime ?

Pourquoi ce monde, celui-ci même où la croyance règne, plutôt qu’un autre, puisqu’il n’a aucune légitimité ? Certains répondront « parce que ce monde-ci est le seul que nous ayons ». Contre les fatalistes et les fous de dieux, il ne nous reste qu’à créer de nouveaux mondes pour leur prouver le contraire. Nous méritons mieux qu’une vie de renonciation en attendant notre mort.

13-

La concentration méditative, toujours, nous abstrait d’un monde trompeur. Pour ceux à qui la réalité n’a rien à offrir, elle est un havre de paix.

14-

Ce que nous découvrons en déviant des systèmes (scolaire, professionnel, familial, etc.) dans lesquels nous vivons, c’est que nous avons été incapables de voir que nous appartenions à un méta-système de production. En sortir (mais le peut-on?), c’est dégonder la division sociale du travail. Alors, la question n’est pas de savoir si nous avons perdu de la valeur mais de savoir si vivre sans fonction dans la division sociale du travail est de l’ordre du possible. Là se limite le pouvoir du groupe identitaire.

15-

Faire une critique sage, patiente, historique d’un système de pensée, c’est aussi s’en libérer.

16-

Dans toute intellectualisation, c’est l’existence qui est niée. Or, en tant qu’individu, nous n’accomplissons jamais rien d’autre que la somme de notre existence. C’est là notre seule richesse.

17-

Question de style : Le style peut-il être libérateur ? Nous pouvons penser, ne serait-ce l’espace d’un instant, aux free runners. Le free running se résume à un effleurement du bout du pied des bases et structures architecturales urbaines. En contre partie, afin d’accomplir son activité, le free runner a besoin de ces mêmes bases et structures architecturales qu’il minimise et qu’il rend dérisoire par sa légèreté, son mouvement, son je-m’en-foutisme affiché. Ce qu’il ridiculise est aussi la condition de possibilité de sa pratique. En cela, le free running est mouvement, légèreté et ironie.

Il en ets de même en philosophie où les mouvements qui, pour certains (les libres penseurs), peuvent rendre la pensée claustrophobe, peuvent aussi, pour d’autres, être la condition de possibilité de leur pratique, c’est-à-dire la condition par laquelle ils peuvent pratiquer leur philosophie, avec légèreté, pirouettes de l’esprit face à la base et structure monumentale de la philosophie, en libre-senteurs. Le libre-senteur est mouvement, légèreté et ironie.

18-

C’est que nous naviguons sur des océans, ils nous bercent, nous bousculent, leur force nous enveloppe, elle nous mène, en suspend, toujours à sa merci, sans buts, sous le ciel étoilé de l’infini.

Question : Comment exprimer cet état de flottaison par lequel nous ne faisons rien d’autre que l’expérience de forces et d’errances incontrôlables ?

Réponse : Être au monde comme tectonique subaquatique.

19-

Ce que nous faisons compte moins que l’étape suivante, que ce que nous sommes poussés à faire. C’est là qu’est notre vraie liberté.

20-

Détermination : Paraître nous ronge, si bien que nous en oublions d’être. Un nouveau commencement, l’aube d’un début, une aurore. L’insémination d’un nouveau souffle. Laisser le monde, se laisser, derrière soi et en fabriquer un autre, de toute pièce. Enterrement précoce. Un nouveau départ, un nouveau devenir, une nouvelle aurore, le produit d’une victoire sur soi-même et non pas celui d’une volonté de (con)vaincre les autres.

21-

Vivre bien n’est pas nécessairement vivre moralement. C’est vivre en harmonie entre devoir et bonheur.

Non, non, reprenons. Devoir et bonheur ne sont pas séparables. Si nos devoirs sont, dans la cosmologie sociale, des tâches finies et particulières, alors bien accomplir nos devoirs c’est aussi bien vivre. Devoir et bonheur ne sont pas séparés, ils forment un tout.

22-

Le virtuel nous donne une image si intelligente, polie et pleine du monde (car enfin, tout y apparait plus intelligent, plus poli, plus plein, en somme plus accompli que le visiteur qui cherche à s’informer de la réalité des autres) que nous finissons par perdre haleine, par être paralysés, incapables d’agir. Être connectés fini par détruire notre volonté et nier nos vies, par nier la vie en nous. Face au virtuel, nous sommes comme des chevaliers devant la mort, la noblesse en moins.

23-

Nous vivons avec une avidité d’irrationalité modérée. Nous avons tous les droits d’être sceptiques face à la liberté, face à notre liberté.

24-

Il y a deux craintes au travers desquelles toute parole est continuellement filtrée : la crainte d’être jugé incorrectement et la crainte d’être incompris. Accepter que le monde est injuste allège ces craintes mais elles ne peuvent véritablement être combattues que lorsque la liberté devient un pré-requis. C’est pourquoi la liberté, plutôt que la justice, inspire à la légèreté.

25-

Plutôt que de concevoir le changement comme une assimilation intellectuelle de la vie (ce qui nie la vie elle-même au profit du logos), le changement ne serait-il pas plutôt généré par une saturation de vie ? Dans ce cas, ne serait-ce alors pas la saturation qu’il faudrait identifier pour historiciser la vie et la célébrer comme motrice, tectonique, comme puissance ? Nous le voyons aujourd’hui, la saturation d’informations, par exemple, a créer un repli sur soi (le prochain changement ne s’effectuera qu’à la suite d’une saturation virtuelle).

La saturation constitue la part dionysiaque de la tragédie moderne. C’est l’apex où le monde perd toute signification dans la spirale montante de l’abondance. Alors un vide émerge d’un trop plein, comme une île déserte sans aucune limite entre le sable et la mer. C’est ce vide-là qui génère la puissance d’une nouvelle émergence. La saturation devient alors historicisante lorsqu’elle est pensée à rebours, mais tout du long, elle est fondamentale. L’Histoire, elle, est cette lumière apollinienne jetée sur le chaos du vide. Plutôt que sur les émergences, ce sont sur les trop-pleins que nous devons nous pencher.

26-

C’est en faisant face aux trop-pleins que nous faisons l’expérience du vide. Il y a quelque chose de générateur dans la saturation.

27-

Il est grand temps de mettre fin à la surproductivité. Elle se rencontre dans les idées, les concepts et même les artefacts si bien que nous ne trouvons plus de place pour nos pensées et préférons nous couler mollement dans la nature infinie des pensées d’autrui. Il faudrait que nous puissions cesser cette surproductivité, que nous puissions interrompre le flux infini de ces pensées pour pouvoir penser à nouveau. Notre capacité de vie n’est pas infinie et elle est à présent étouffée, pourquoi se plier à une surproductivité qui la nie ?

28-

La seule condition de possibilité d’un système social, culturel ou politique libertaire est la discipline de soi, la maîtrise de soi, la constitution d’une règle d’existence individuelle, en d’autres termes, une certaine éthique. La question est la suivante : sommes-nous capable d’une discipline de soi et si oui, quelle sera cette discipline ? Le pari que nous prenons sur l’être humain se résume alors dans cette seconde question : est-ce que la discipline de soi mène toujours nécessairement à un usage des plaisirs ou à un bonheur personnel extra-moral ? Par bonheur personnel, nous entendons un dépassement de soi qui peut créer, disons, une certaine extase. Bien sûr, il faut aussi pouvoir penser que la discipline de soi n’est pas conditionnée par la menace de l’autre. Elle doit être dénuée de toutes déterminations externes. Peut-être est-ce là le prochain rôle de la justice ?

29-

En quoi une régénérescence de la culture par la vie serait-elle créatrice ? En quoi une régénérescence serait-elle créatrice si ce n’est par la culture ? Ce besoin de régénérescence est cyclique. Il est nécessité humaine. Qui donc ne l’a jamais éprouvé ? Encore faut-il savoir comment l’accomplir. Car c’est le comment qui est important, et non pas le pourquoi.

30-

Chaque recommencement n’est qu’une continuité. Une nouvelle aurore ? Une aurore qui contient tous les levers de soleil antérieurs, leur étincelante énergie tout autour de leur assombrissement. Nous ne recommençons jamais vraiment depuis la racine de notre existence, tout au plus, nous initions et facilitons l’exigence d’une nouvelle excroissance.

Mais c’est véritablement d’une nouvelle aurore dont nous avons besoin.

31-

Les nouveaux commencements requièrent des nouveaux régimes de vie. L’aurore, ce sont aussi les débuts vierges. Le plus tôt est le mieux. Cinq heures du matin, l’aurore.

32-

Moral et consommation : Bien sûr la société de consommation pose de vrais problèmes moraux, mais elle nous coupe aussi de toutes véritables réponses. Doit-on acheter des bananes issues de l’agriculture à développement durable ou issues du commerce équitable ? Justice ou liberté, Dieu ou l’homme ? La société de consommation nous a rechristianisé.

33-

Certes, l’hirondelle ne fait pas le printemps, mais un grand nombre d’hirondelles, c’est-à-dire une hirondelle par jour pendant cent jours, oui. Notre éthique, c’est cela. On finit par devenir ce qu’on fait parce qu’on le fait avec continuité et discipline.

34-

Le changement, c’est avant tout une transformation par le travail (de l’esprit, des mots, du bois, du corps, du son, etc.). Le changement, la transformation et le travail sont des conditions dépendantes et nécessaires au devenir.

35-

À ceux qui pensent que travailler durement et chercher la réussite économique sont des impératifs (et non des choix), nous demandons : depuis quand est-ce que la volonté de vivre une bonne vie et de préserver un sens de l’intégrité sont-ils devenue des marques d’immodestie ?

36-

On peut lire et apprendre toute sa vie sans jamais pouvoir rendre ses lectures et ses apprentissages vivants, sans jamais se transformer, muer, grandir. On peut lire et apprendre toute sa vie dans un fauteuil, sans jamais en sortir, en restant indemne, comme fossilisé par une activité caduque. Quelle tristesse. Il ne s’agit pas de comprendre par les autres, il s’agit d’apprendre (de) par soi-même. Et s’il existe des lectures et des apprentissages qui libèrent, il faut aussi savoir se libérer de ses lectures et de ses apprentissages.

37-

Il n’est point d’heure qu’il faille perdre à l’inutile. Bien trop de temps a été perdu, est perdu, et ne doit plus être perdu sans être à l’ouvrage. Il est maintenant grand temps de s’atteler au travail. Seul un labeur patient, régulier, consciencieux, permet d’avancer et, avec persévérance, de produire notre propre changement. Il faut, contre toutes perturbations, mettre du cœur à l’ouvrage.

38-

Ceux qui étaient hier nos ennemis nous ont permis aujourd’hui notre fierté. C’est en leur faisant face que nos ennemis nous permettent de nous rendre meilleurs, c’est pourquoi il faut les choisir avec soin. Plus forts sont nos ennemis, plus grand nous devenons.

39-

Rendre le monde plus proche de soi : Lorsqu’il pleuvait et qu’il ne pouvait sortir de chez lui, Matisse peignait les objets qui l’entourait, il peignait des natures mortes… mais il ne peignait pas les objets fidèlement, il peignait l’émotion que ces objets produisaient en lui. Ses natures mortes étaient toujours sa nature vivante, elles étaient fideles à lui-même. Si nous sommes en vie et si nous n’aimons pas le monde pluvieux et gris comme il se présente à nous, alors il est de notre devoir, c’est-à-dire d’un devoir envers nous-mêmes, de le changer au gré de nos émotions et de le faire notre, aimable, ravissant, autre.

40-

Se commander soi-même, être sa propre loi, cela passe par un devoir envers soi-même. Non pas des résolutions prisent lors de quelconques réflexions sur notre place dans le monde, mais dans le respect de soi.

41-

Ceux-ci qui nous appellent des « ratés » n’auront jamais véritablement essayé … de vivre. D’eux, nos oreilles n’entendront que le bêlement du mouton et le hennissement de l’âne.

42-

Un ciel, un horizon, clairs, où s’élèvent les hauteurs alpines, où se dessinent les contours d’un relief net, brute, familier, et cependant distinctement intouchable. Voilà une nouvelle aurore.

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